Rouen ressuscite sa confrérie de Conards pour un carnaval XXL le 29 mars

Carnaval Da Rouen 2026 : défilé, points de chauffe et jusqu’à 8 000 participants attendus le 29 mars à Rouen

Rouen a prouvé l’an dernier qu’elle savait encore faire la fête. Et visiblement, c’était trop bon pour n’en faire qu’une. Le Carnaval Da Rouen est de retour le dimanche 29 mars 2026, plus grand, plus déjanté, et potentiellement deux fois plus fréquenté que lors de sa première édition. Sortez les cornes, les paillettes et votre meilleur costume de bouffon, la ville entière va se transformer en joyeux chaos organisé.

Une histoire de Conards (et c’est un compliment)

Pour comprendre ce carnaval, il faut remonter quelques siècles en arrière. Du XIVe au XVIIe siècle, une bande de joyeux perturbateurs baptisés la Confrérie des Conards semait le bazar dans les rues de Rouen, se moquant des puissants et parodiant l’Église avec une créativité qu’on envierait encore aujourd’hui. La tradition a fini par être étouffée par les autorités, ça sent la bonne idée, avant d’être ressuscitée en mars 2025 par Ludivine Journaux, 31 ans, guide conférencière et créatrice de projets culturels. Elle incarne désormais l’Abbesse des Conards, et elle compte bien garder le rôle encore longtemps.

Portée par l’association La Clac en Seine, cette deuxième édition mise sur l’élan de la première : officiellement 3 000 carnavaliers l’an passé, peut-être bien 5 000 en réalité selon les organisateurs. Cette année, on vise entre 4 000 et 8 000 participants. Oui, vous avez bien lu.

Un défilé sous le Gros-Horloge, en musique et en costume

Le grand défilé partira de la place du Vieux-Marché à 15h pour rejoindre les jardins de l’Hôtel de Ville, en passant par la rue Saint-Romain et sous l’arche mythique du Gros-Horloge. Le tout jusqu’à 19h, en musique, grâce aux associations Agogô Percussion et Batucada Bargina qui assureront l’ambiance sonore.

Côté tenues, tous les déguisements sont acceptés, mais les esprits bouffons, satiriques et franchement absurdes seront clairement les bienvenus. Vous voulez défiler avec un char ? C’est possible, à condition de respecter les gabarits : 4 m de long, 3 m de large, 3,50 m de haut, et surtout sans moteur (pédales, poussé ou tracté uniquement). Rien de tel qu’un peu de sueur pour mériter sa fête.

Les points de chauffe : l’apéro géant de Rouen

Avant le défilé, la ville s’éveille dès la fin de matinée à travers une série de points de chauffe disséminés dans les quartiers. L’idée ? Se retrouver entre voisins, faire monter la température, et arriver déjà bien dans l’ambiance au moment du départ. Parmi les spots déjà confirmés : la place des Emmurées, le Café de l’Époque, le 128bis, le Comptoir Latino, l’Antre du Malt ou encore les Mots Éphémères. Pique-nique, maquillage, concerts, jeux… chacun fait ce qu’il veut. Et si vous voulez organiser le vôtre, il suffit de prévenir l’organisation pour apparaître sur la carte officielle.

Un « joyeux bordel » encadré (quand même)

L’événement se veut résolument populaire et ouvert à tous « toutes catégories et âges confondus », insistent les organisateurs. Mais un carnaval de 8 000 personnes, ça demande un minimum de logistique. La sécurité est assurée par 12 secouristes, financés en partie par une collecte de dons (540 € récoltés sur les 2 000 € nécessaires au moment de la rédaction de cet article). Si vous voulez contribuer, le lien est à retrouver sur le site de l’événement.

Des ateliers de confection de costumes et des conférences seront également proposés dans les semaines précédant le carnaval, les infos seront à retrouver sur le site officiel.

Et ce n’est que le début

Ludivine Journaux ne cache pas ses ambitions pour les années à venir. Elle imagine un carnaval qui s’étoffe, qui grandit, qui devient une vraie tradition rouennaise portée par l’histoire singulière des Conards. Une ville de la taille de Rouen, avec un tel héritage culturel, a clairement le potentiel pour ça.

Alors le 29 mars, enfilez votre plus beau costume, rejoignez un point de chauffe près de chez vous, et laissez-vous emporter dans ce grand bordel organisé qui, finalement, ressemble beaucoup à ce que Rouen sait faire de mieux : fédérer, surprendre, et faire la fête avec style.