Le SAMU 76A du CHU de Rouen lance le premier drone défibrillateur de France, développé avec la start-up normande Delivrone
Le ciel rouennais accueille un nouvel engin, et celui-là sauve des vies. Le SAMU 76A du CHU de Rouen vient d’inaugurer un dispositif inédit en France : un drone chargé d’apporter un défibrillateur sur les lieux d’un arrêt cardiaque, avant même l’arrivée des secours. On t’explique tout.
Un drone dans le ciel, un défibrillateur entre tes mains
Après un an d’expérimentation, le dispositif est prêt à entrer en action. Depuis le Centre 15, les médecins régulateurs envoient les secours et déclenchent en parallèle un drone équipé d’un défibrillateur automatique. Au téléphone, les témoins de l’arrêt cardiaque sont guidés pas à pas pour récupérer l’appareil et l’utiliser en attendant le SMUR ou les pompiers.
Derrière la machine, deux acteurs : la start-up normande Delivrone et le constructeur suédois Everdrone. Leur bébé décolle en moins d’une minute, vole de jour comme de nuit, même par mauvais temps, et file jusqu’à 65 km/h. Il transporte jusqu’à 3 kg de matériel médical sur un secteur d’environ 45 km². Largement de quoi livrer un défibrillateur en un temps record.
Pourquoi c’est du sérieux
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Chaque année en France, près de 50 000 personnes sont victimes d’un arrêt cardiaque. Chaque minute sans massage ni défibrillation fait chuter les chances de survie d’environ 10 %. Et aujourd’hui, moins d’un arrêt cardiaque sur dix bénéficie d’un défibrillateur utilisé par un témoin.
Sur le territoire couvert par le SAMU de Rouen, près de 400 arrêts cardiaques touchent chaque année des personnes de moins de 75 ans. Le drone vient compléter les secours classiques et l’application citoyenne Sauv Life, avec un objectif simple : gagner de précieuses minutes.
Où et quand le verras-tu voler ?
Une première base est déjà opérationnelle à Forges-les-Eaux. Une seconde vient d’être inaugurée à Bois-Guillaume. Les premiers vols au-dessus de la métropole rouennaise démarreront dès le feu vert des autorités aériennes.
Soutenu par la Région Normandie, le projet représente un investissement d’environ 300 000 euros. Si les résultats suivent, d’autres territoires français passeront à leur tour au drone sauveteur. Et une fois de plus, l’innovation part de chez nous.